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Morsure de serpent

Souvent moins grave qu'impressionante

Mis à jour le 13-08-2017  |  Publié le 05-08-2006 - Lu 64 504 fois
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D'après l'OMS, 5 millions de personnes sont mordues par des serpents chaque année et la moitié présente une envenimement. Celle-ci serait responsable de 100 000 décès au moins et environ 300 000 amputations et autres incapacités définitives.

Les morsures de serpents venimeux peuvent entraîner une paralysie pouvant bloquer la respiration, des troubles sanguins aboutissant à des hémorragies fatales, des insuffisances rénales irréversibles et des lésions tissulaires susceptibles de provoquer des incapacités définitives et de nécessiter l’amputation d’un membre.

Les agriculteurs et les enfants sont les plus touchés. En raison de la masse corporelle plus faible, les conséquences des morsures sont plus sévères chez l’enfant que chez l’adulte.

Mais contrairement aux idées reçues, il n'existe pas de venin mortel en quelques minutes. Le seul risque grave dans les minutes qui suivent la morsure est le risque de choc anaphylactique (choc par allergie grave). Mais il n'est pas dû à la toxicité du venin, mais à une réaction allergique gravissime de l'organisme. 

Le même choc peut survenir avec une piqûre de guêpe ou en mangeant des fraises… 

Les venins des serpents servent à neutraliser la proie, et à assurer une pré-digestion de celle-ci. La toxicité du venin est dose-dépendante, ce qui signifie qu'elle est d'autant plus grande que la dose injectée est importante. Ceci explique la faible mortalité en cas de morsure de l'homme (glande à venin non pleine au moment de la morsure, évacuation imparfaite par les canaux à venin). 

On distingue schématiquement 4 types de venins :

  • Les venins neurotoxiques, affectent le système nerveux. Ils provoquent un blocage de l'influx nerveux, c'est-à-dire la paralysie progressive des muscles qui conduit généralement au décès par arrêt du système respiratoire. Ces effets sont dus aux neurotoxines présentes dans le venin. Ce dernier peut agir sur les récepteurs post-synaptiques ou sur les récepteurs pré-synaptiques en bloquant la transmission du message nerveux. Les paralysies apparaissent en une à trois heures. Elles affectent d'abord les muscles striés, puis remontent pour atteindre les paupières, les muscles de la déglutition et enfin les muscles respiratoires. Le traitement consiste en une assistance respiratoire en "soins intensifs" afin de passer la phase critique. En l'absence de traitement, la victime peut mourir par asphyxie. Les autres signes de l'intoxication par les neurotoxiques sont les troubles visuels, l'hypersalivation, le larmoiement, les sueurs, l'accélération de la motricité digestive (diarrhées, vomissements), le ralentissement du rythme cardiaque et les troubles du comportement avec agitation ou somnolence.
  • Les venins hémotoxiques ont des effets activateurs ou inhibiteurs sur les mécanismes de la coagulation sanguine. Ces toxines modifient la structure et la constitution du sang entrainant la formation de caillots sanguins ou au contraire de violentes hémorragies.
  • Les venins cytotoxiques détruisent les cellules à proximité de la morsure, provoquant généralement de vives douleurs. Au final, ils provoquent la destruction des tissus conduisant à la nécrose. Ce phénomène pré-digère la proie permettant à son prédateur de la manger plus facilement. La morsure est très douloureuse, avec un œdème important. La zone mordue devient violacée, hémorragique. La gangrène et la surinfection s'installent en l'absence de traitement. Plus précoce est le traitement, moins la zone nécrotique sera importante.
  • Les venins cardiotoxiques provoquent la mort par arrêt cardiaque.

Certains serpents peuvent produire un venin combinant plusieurs des effets ci-dessus. C'est le type d'envenimation la plus dangereuse.

Conseils en cas de morsure

Le principe de base est de tout faire pour ralentir la diffusion du venin. Il faut donc ralentir le rythme cardiaque ou du moins, éviter que celui-ci ne s'emballe. Voici quelques mesures à prendre :

  • Ne pas céder à la panique : ne pas s'affoler et rester calme. Les morsures de serpents sont très rarement mortelles et surtout l'urgence est relative. Il faut des heures au venin pour agir ;
  • Ne pas courir : cela augmente la fréquence cardiaque ! 
  • Allonger la victime, la mettre au repos ;
  • Ne pas poser de garrot : c'est inutile et dangereux ;
  • Ne pas aspirer le venin avec la bouche : c'est inutile pour le blessé et dangereux pour le sauveteur ;
  • Ne pas inciser la plaie : cela favorise la diffusion du venin ;
  • Si possible, et sans prendre de risques inutiles, identifier le serpent. Car de sa nature dépendra la mise en place d'un traitement adapté ;
  • Nettoyer la plaie avec du savon puis un antiseptique (eau oxygénée, Bétadine, Dakin). Ne pas utiliser de l'alcool ou de l'éther qui, non seulement sont inefficaces, mais de plus favorisent la diffusion du venin ;
  • Ôtez tous les garrots potentiels, tels que les bagues, les bracelets, les montres, pour ne pas gêner la circulation sanguine, si l’œdème venait à s’étendre ;
  • Si possible, posez sans serrer un bandage en crêpe, pour ainsi bloquer la circulation lymphatique utilisée par le venin pour se répandre, sans pour autant couper la circulation sanguine (vérifiez que vous pouvez toujours passer un doigt entre la peau et le bandage) : il ne s'agit pas de faire un garrot !
  • Membre supérieur : immobilisez avec une écharpe contre le thorax, le coude plié à angle droit. Membre inférieur : immobilisez avec une attelle de fortune.
  • Calmer la douleur avec un antalgique à base de paracétamol. Évitez les dérivés de l'aspirine et les anti-inflammatoires (risque hémorragique). Si vous avez de la glace, mettez-la dans un sac plastique, entourez le tout d'un linge puis appliquez à l'endroit de la morsure : la glace est un anti-inflammatoire qui diminuera la douleur et l’œdème ;
  • Calmer l'anxiété (anxiolytique) ;
  • Ne pas faire boire d'alcool, de café, de thé : ils augmentent la fréquence cardiaque et donc favorisent la diffusion du venin ; 
  • L'application d'une source incandescente (cigarette) à proximité de la plaie est inefficace pour les venins de serpent ;
  • Évacuer le malade.

S'il est possible de médicaliser d'emblée le patient, au traitement précédent, on pourra ajouter :

  • Mise en place d'une voie veineuse ;
  • Traitement du choc ;
  • Paracétamol injectable pour la douleur ;
  • Antibiothérapie pour éviter la surinfection ;

N’injectez pas de sérum antivenimeux, produit qui ne doit être utilisé qu'à l'hôpital, car il existe un risque d'allergie. Il n'y a pas d'indication à la corticothérapie ou aux anticoagulants dans les morsures de serpent, du moins en pré-hospitalier.

Une morsure de serpent ne signifie pas systématiquement envenimation. La douleur n'est en aucun cas un facteur de gravité. De plus l'envenimation est dose dépendante.

Le venin est injecté profondément : l'aspi venin est donc inutile mais dans la mesure où il ne nécessite pas d’incision cutanée supplémentaire, il n'est pas dangereux et a le seul mérite de rassurer la victime.

Précautions de bon sens

  • Faire du bruit en marchant est valable pour éloigner toute sorte de présence animale ;
  • Portez des bottes ou des chaussures fermées, des chaussettes et des pantalons longs pour aller marcher dans les hautes herbes ou en forêt ;
  • Regardez où vous mettez les pieds et où vous vous asseyez ;
  • En camping ou en brousse, vérifiez le sac de couchage, les vêtements, les chaussures avant usage...
  • Si vous rencontrez un serpent, ne pas tenter de le capturer ;
  • Ne mettez pas les mains n'importe où, en particulier dans les trous, les anfractuosités et sous les pierres ;
  • Ne pas retourner de pierres, tas d'herbe ou feuilles ;
  • Prenez un téléphone portable pour pouvoir contacter les secours en cas de problème ;
  • Ne partez jamais seul en excursion.

Se rappeler enfin que l'envenimation est très rarement mortelle. Alors pas de panique ! 

La place des sérums anti-venimeux

Malgré d'importantes avancées dans les traitements symptomatiques d'urgence, le sérum anti-venimeux est souvent le seul traitement efficace contre une envenimation. Le premier sérum anti-venimeux a été créé en 1895 par le médecin français Albert Calmette pour traiter la morsure du cobra indien. 

Un sérum anti-venimeux est injecté par voie intraveineuse, et agit en neutralisant les enzymes du venin. Il ne peut pas toutefois réparer les dommages déjà causés dans l'organisme, et doit donc être injecté le plus tôt possible. Les sérum anti-venimeux modernes sont polyvalents, et un même produit agit contre le venin de nombreuses espèces de serpents. Certaines personnes peuvent développer des réactions violentes aux sérum anti-venimeux, comme des chocs anaphylactiques, mais dans des situations d'urgence, il est tout de même vivement conseillé de recourir à ce traitement.

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